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19 août 2018 7 19 /08 /août /2018 05:32

Le premier sondage à Wittelsheim fut  un succès. Dans un premier temps, Vogt et ses associés essayèrent de ne pas divulguer cette découverte car ils savaient que la puissante industrie de la potasse allemande, inventeur de la potasse et leader mondial aurait un regard intéressé tourné vers l’Alsace. 

 

Pour confirmer cette première découverte, Vogt et ses sociétaires financèrent encore trois autres sondages à des points très différents et à plusieurs centaines de mètres du premier sondage. A chaque sondage le trépan recoupa les deux couches de potasse. On était bien en présence d’un bassin salifère contenant des couches de potasse. Il restait à délimiter l’importance de ce bassin. 

Vogt présenta à ses amis une facture de 400.000 Marks. Ils décidèrent d’arrêter l’autofinancement et de chercher l’appui financier auprès des banques locales pour développer une industrie minière de la potasse. Pour trouver les capitaux nécessaires nos membres du consortium se tournèrent d’abord vers les banques alsaciennes lesquelles possédaient quelques établissements puissants à l’instar de la SOGENAL. 

Malheureusement, l’équipe essuya partout des refus. Ces banques n’avaient pas l’habitude de financer des projets miniers d’autant plus que l’expertise du bassin n’était pas encore réalisée. Le projet de développer une industrie minière en Alsace resta sujet à caution car il n’y avait aucune garantie formelle de réussite. Les quatre sondages effectués par la Société de forage « Bonne Espérance » étaient insuffisants pour donner une évaluation sérieuse avec une valeur intrinsèque réelle du gisement. Elles savaient aussi que la potasse était un monopole allemand. On peut aussi supposer que les Allemands, leader de la potasse, qui maintenant connaissaient la découverte, recommandèrent aux banques locales de ne pas soutenir les découvreurs alsaciens. 

 

Les Allemands vont financer 

Vogt, très francophile, se tourna alors vers certains milieux parisiens et essaya d’intéresser les banquiers de la capitale. Mais les conditions exigées par celles-ci étaient tellement exorbitantes qu’il abandonna toutes investigations à Paris. Apparemment, les banques françaises n’avaient nullement envie d’investir dans le Reischland « Elssass Lothringen ». 

Devant tous ces refus, les inventeurs du gisement alsacien s’orientèrent vers l’Allemagne. Là, les spécialistes de la potasse très bien informés par cette découverte acceptèrent rapidement un premier contact. Le rendez- vous fut fixé les 28 et 29 décembre 1904 à Stuttgart. Les représentants alsaciens étaient Melle Zurcher, Joseph Vogt et J.B. Grisez. Du côté allemand il y avait des représentants des Mines menés par M. Théodor Lichtenberger, directeur des mines de Heilbronn, ainsi que des représentants de banques allemandes.

 

Trois banques avanceront l’argent 

Les négociations durèrent plusieurs semaines. Les Allemands étaient intéressés à condition de détenir une majorité de Kuxes (actions minières de l’époque). Finalement les représentants alsaciens cèdent devant le lobby allemand. Trois banques avanceraient de l’argent. Il s’agit de deux banques wurtembergeoises et de la « Deutsche Bank von Berlin». 

Une société minière sera créée. Elle émettra 1000 kuxes d’une valeur nominale de 5000 Marks. Les représentants alsaciens devront céder au minimum 525 Kuxes aux Allemands soit 52,5 de la capitalisation. Pour démarrer une industrie minière de la potasse en Alsace les négociateurs franco-alsaciens n’eurent plus d’autre alternative que de se soumettre aux exigences allemandes ; Ceux rétrocédèrent effectivement 475 Kuxes répartis de la façon suivante : 

  • Groupe Vogt 187 Kuxes
  • Groupe Grisez 

94 kuxes
  • Groupe Zurcher 90 kuxes
  • Divers disséminés : 104 kuxes 

Le 13 juin 1906, à la suite de ces accords, fut créée la société minière Amélie ou en allemand « Gewerkschaft Amélie ». Les Allemands très « fair play » accordèrent le nom d’Amélie à cette société minière en hommage à Amélie Zurcher, seule femme de l’équipe des prospecteurs. 

Le siège provisoire fut fixé à Niederbruck à côté de la société de forage « Bonne Espérance ». Son premier directeur fut Joseph Vogt. Les banques accordèrent immédiatement un prêt de 6 millions de marks à la nouvelle « Gewerkschaft Amélie ». La première tâche était de continuer la campagne de forage pour bien examiner et déterminer les spécificités du bassin alsacien et évaluer sa valeur réelle. 

Joseph Vogt, industriel polyvalent mais surtout « homme d’affaire», en fut le grand bénéficiaire puisqu’on lui accorda 160 nouveaux forages que sa société « Bonne Espérance » effectua entre 1906 et 1909. 

Au début de l’année 1907, le conseil d’administration de la société «Amélie» décida le fonçage du premier puits d’extraction du gisement comprenant provisoirement 10 concessions numérotées de I à X. 

 

L’extraction de la potasse commença en février 1910. 

Le CA de la nouvelle «Gewerkschaft» était composé de 7 membres dont 4 allemands et 3 franco-alsaciens, Grisez, Henri Koch et Michel Diemer-Heilmann, conseiller juridique auprès de Joseph Vogt. Ces personnes désignèrent un comité de direction des travaux (Grubenvorstand) composé de deux spécialistes de mines allemands mais également de Joseph Vogt et de son fils Fernand. Le puits fut terminé en septembre 1909 et l’extraction de la potasse commença en février 1910. 

En surface, la mine Amélie fut aussi équipée d’une installation complète de traitement du minerai brut lequel contenait environ 25% de chlorure de potassium. Il y avait un moulin de broyage, des hangars de stockage de sel brut et de sel traité ainsi qu’une fabrique de raffinage du minerai dotée d’un procédé dit par « dissolution ». Une voie ferrée reliait la mine à la gare de Richwiller, distante d’environ 1,5 km, pour se raccorder à la ligne de chemin de fer de Mulhouse à Strasbourg. 

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7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 14:11

Société d'histoire d'Ensisheim

 

Conférence du premier semestre 2017 à la Régence d'Ensisheim

Mardi 24 janvier 2017, 20h15

 

Conférence  de René GIOVANETTI, ancien directeur du patrimoine des

Mines de potasse d’Alsace et vice‐président du groupe Rodolphe

 

Titre: Histoire des mines de Kali Sainte Thérèse.

 

Résumé. Créée en 1910 par Joseph VOGT, la société privée des mines de Kali Sainte

Thérèse va exploiter la partie Nord du gisement potassique jusqu'en 1959.

Elle connaît un développement important entre les deux guerres malgré des conditions

très difficiles, avec une politique sociale très différente de celle des mines domaniales. Sa

politique du personnel et du logement va d'ailleurs conduire à un important conflit avec

les autorités polonaises en 1930, une bonne part des ouvriers venant de ce pays. Elle a

également eu à déplorer deux catastrophes meurtrières en 1934 et 1940.

La seconde Guerre mondiale a, de son côté, causé beaucoup de torts aux hommes et au

matériel, en particulier au moment de la Libération en 1945, dont une part des combats

se sont déroulés dans la cité des Mines.

La paix revenue, l'Etat impose à KST la tutelle des Mines de potasse d'Alsace (MDPA)

pour l'exploitation de ses installations au fond et au jour. KST se désengage totalement

du Bassin Potassique en 1959 avec la vente d'Ensisheim aux MDPA et la location de la

mine de Bollwiller.

En définitive, cette conférence va faire porter l'accent sur l'histoire des hommes plutôt

que sur les statistiques de l'exploitation de la potasse.

Conférence

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 16:17

Le Groupe Rodolphe a accueilli récemment un ancien de la mine Rodolphe qui a travaillé aux Mines pendant 43 ans. Robert Horny, né en 1926, réside à Bollwiller. Après son apprentissage commencé en 1941 à l’école des Mines de Pulversheim il a intégré Rodolphe à 16 ans, avec 30 autres jeunes apprentis. Il y a fait le tour des différentes unités : le moulin, la fabrique, les ateliers mécanique et électricité, la menuiserie.

photo 006

 

« On a commencé au fond en 1942, en alternant des périodes de deux mois avec le jour » a-t-il raconté aux membres de l’association qui ont profité de l’occasion pour recueillir ses souvenirs en vidéo. Il a notamment raconté comment il a vécu les cérémonies qui ont suivi l’accident mortel du fond (25 morts) du 23 juillet 1940 et comment il survécu à l’enrôlement de force dans la Wehrmacht en 1943, ayant échappé à l’intégration d’office dans la SS grâce à sa « petite » taille.

 

La discussion a permis d’évoquer les conditions de travail au fond à l’époque, son enfance, sa famille, sans oublier nombre de ses anciens collègues. Ses souvenirs professionnels les plus forts sont liés aux accidents, dont l’un vécu de très près. Ensuite, il a surtout gardé en mémoire « l’évolution incroyable du matériel auquel il a fallu s’adapter tout en continuant la production », reconnaissant que l’apport des machines facilitait le travail. « Au début on chargeait le minerai à la pelle sur les couloirs oscillants. Ensuite j’ai vécu les premiers foudroyages ». 

                                                                                                                                                             M.H.

 

 

photo 004

                                                                                                                                                         

  

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 12:57

Scout-Car.jpg

 

En début d’année 1965 a eu lieu sur le carreau Marie Louise, avant sa descente au fond, la présentation d’un engin qui allait révolutionner le travail du mineur. Un prototype de ce camion était déjà en service depuis septembre au fond de la mine Anna où il rendait d’appréciables services.

Ce scout-car de marque JOY était entrainé par un moteur Diesel antidéflagrant de 60CV et pouvait transporter 16 mineurs assis sur de confortables banquettes escamotables ou 2 tonnes de matériel.
L’engin était très maniable grâce à ces quatre roues, toutes motrices et directrices qui lui conféraient une adhérence parfaite et une « tenue de piste » exceptionnelle. Il était en mesure de circuler sur des pentes de 15 degrés.

Il a facilité le déplacement des mineurs travaillant dans les chantiers éloignés des puits ainsi que le transport du matériel même dans les galeries à forte pente.

Aujourd’hui, les visiteurs peuvent voir sur le carreau Rodolphe le dernier exemplaire du scout-car JOY en parfait état de marche.

Pour visiter le carreau Rodolphe, n’hésitez pas à nous contacter.
Carreau Rodolphe

Route de Guebwiller
68840 Pulversheim
@          
potassie01@wanadoo.fr
È           06 27 70 63 43
'          03 89 48 86 54 (uniquement le mercredi)

   NB-F150-copie-1

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 13:13

Bonjour à tous,

Clément Wisniewski, étudiant en histoire à l'UHA de Mulhouse, nous avait présenté son mémoire de master consacré à « La nationalisation des mines de potasse d’Alsace au lendemain de la Première Guerre mondiale », sous la direction de Nicolas STOSKOPF, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Haute-Alsace.

Aujourd’hui, Clémént vient de mettre en ligne une version PDF, directement accessible sur le site de la Bibliothèque Universitaire de Mulhouse (www.scd.uha.fr). Le lien direct vers le mémoire est le suivant:

 http://www.scd.uha.fr/flora/jsp/index_view_direct_anonymous.jsp?record=defaultfortmelectro:TM_ELECTRO:449

 Pour indication, une version de ce mémoire est également disponible au centre de documentation du carreau Rodolphe. Le fonds documentaire est à la disposition de tous ceux qui effectuent des recherches.

Résumé

 Ce mémoire s’intéresse aux débuts de l’industrie potassique en France. Il s’agit de voir pourquoi et comment les mines de potasse d’Alsace furent nationalisées, alors que le Gouvernement français avait refusé toute forme d’étatisation. Sont étudiées la place des intérêts privés dans le processus de nationalisation et à la manière dont ils furent évincés, tout en s’intéressant à leur rôle dans la mise en valeur des mines et à la manière dont ils furent perçus par le monde politique.

 

 

MEMOIRE la nationalisation des mines de potasse Page 001

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 20:36

Clément Wisniewski, étudiant en histoire à l'UHA de Mulhouse, vient de présenter avec brio son mémoire de master consacré à "La nationalisation des mines de potasse d’Alsace au lendemain de la Première Guerre mondiale", sous la direction de Nicolas STOSKOPF, Professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Haute-Alsace.

Ce travail, Clément vient de le remettre au centre de documentation du Centre historique de la potasse en Alsace et viendra ainsi enrichir le fonds documentaire, à la disposition de toux ceux qui effectuent des recherches.

Jean Misiano, président du Groupe Rodolphe a reçu le jeune étudiant, qui compte des mineurs dans sa famille et l'a remercié pour ce dépôt.


 IMGP0330.jpg

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  • : Nous sommes un groupe de mineurs de potasse retraités et des amis, nous nous retrouvons le mercredi pour retaper du matériel avec la ferme intention de préserver le patrimoine minier et la mémoire de tous ceux qui ont travaillé aux Mines de Potasse
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